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Sunday, 10 January 2016

Le tour de l´espoir pour Centrafrique

On connait déjà les résultats définitifs du première tour des élections centrafricaines. Ils ont été heureusement pacifiques, avec 79% de participation et -Oh surprise!- le candidat appuyé apparemment pour la communauté international, Martin Ziguelé n´est que dans la quatrième position. Aussi, aucun des candidats supportés par des pays voisins va à passer au deuxième tour le 31 janvier.

C´est une bonne nouvelle pour ce qui m´avait dit qu´ils ne votaient pas parce que la communauté international féra gagner Ziguelé même si il n´est pas le plus voté. Et pour lui, les deux candidats sont acceptables. Cette fois si, il va voter.

C´est le tour de l´espoir pour Centrafrique.

Comme dans le Journal de Bangui, je vous rappel qui sont le deux candidats qui passeront au deuxième tour des élections.

- Le "heritier" de Patassé ou "Mr Propre": Anicet Georges-Dologuélé en tête avec 23,78% des voix


Comme je disait dans le post précédent, il a été Président de la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale, il a eu à gérer -selon Le monde- plusieurs affaires de malversations et de corruption impliquant l’institution. Jamais condamné, il s’est toujours dit étranger à ces montages. 

Il a créé son parti, l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), dérivé du MPLC et -encore suivant Le monde- cette économiste de formation a axé sa campagne sur la nécessité de rétablir la sécurité et la justice pour pouvoir mettre en œuvre un programme économique ambitieux, attirer les investisseurs et créer de l’emploi.

Au dernier moment, il a reçu l´appui de Bozizé. Une surprise parce que son ex-premier ministre Touadéra étais aussi candidat. Ça, ses connaissances économiques et sa réputation de  "M. Propre" pour sa gestion rigoureuse des affaires lorsqu'il était Premier ministre d'Ange-Félix Patassé, entre 1998 et 2001 ont pu le catapulter au premier post de ces élections.

- L´ex premier ministre de Bozizé: Faustin Archange Touadéra ou "l'homme qui payait les salaires des fonctionnaires" selon le Journal de Bangui. Il est le deuxième avec 19,42% des voix.


Ancien recteur de la université de Bangui, il représente le même parti de Bozizé, La Convergence nationale - Kwa Na Kwa « le travail rien que le travail », un parti que se présente comme social-démocrate. Mais comme on disait, Bozizé à donné son appui cette fois à Dologelé. Est-ce que il peut changer d´avis pour le deuxième tour? Tout est possible.

Mais a parte de sa popularité pour la bancarisation des salaires des fonctionnaires après plusieurs décennies de souffrance, son atout est l´appui qu´il a eu d´une partie des ex-Séleka. Specialment maintenant que le candidat favorit de ses groups, Bilal Désiré Nzanga-Kolingba  est le troisième et en consequence il ne passe pas au deuxième tour.


Donc la question maintenant est: À qui va donner son appui le candidat favori du Chad et des ex-Seleka? À parte bien sur de la question général sur le degré d´acceptation que des groupes armés vont avoir après la défait de son candidat...

On pense que se fils de l´ex président Kolingba, ancien ministre de Bozizé, chrétien converti à l’islam, devrait donner l´appui à Touadéra, candidat du même parti de Bozizé qui en plus est supporté par des autres membres ex Seleka. Mais compte tenu que mème Bozizé à donné son appui à Dologelé, tout est encore possible.

Et pour compliquer les choses, le candidat de la communauté international  (et du Mali et Niger), Martin Ziguélé n´accepte pas sa défaite.


Il n´a pas eté le seul. Selon Jeune Afrique, le dimanche avant les résultats provisoires, une dizaine de candidats avaient demandé l’arrêt du processus électoral, refusant « d’être complices de cette mascarade électorale ». Mais Ziguélé étais déjà accusé d´avoir ouvert la porte à la Seleka pour faire tomber à Bozizé.

C´est pour ça que les mots du Porte-parole de la DNC/MLPC il y a deux jours pour afriquenews produisent inquiétude:

"Il est évident ! Nous savons que le bal des hypocrites qui avait commencé bien longtemps était loin de se terminer. Mais seulement, ceux qui prennent notre silence pour idiot se trompe lourdement. Le MLPC ne se laissera jamais voler sa victoire ! Que celui qui a des oreilles entendent !
Vive la Victoire de la Démocratie ! Vive le MLPC ! Vive la Centrafrique !
Tous unis, nous vaincrons!"

Et on peut pas oublier qu´il y a encore beaucoup des groupes armés (y compris entre 6000 et 10000 enfants soldats selon Unicef).

Mais on espère que cette fois personne aura la possibilité de faire retourner le chaos.

Que tout le monde comprends que cette fois, vraiment, c´est le tour de l´espoir pour la Centrafrique.

Bon courage!



Tuesday, 22 December 2015

Qui peut conquérir le cœur de l´Afrique?

Lemonde a commencé déjà a faire une présélection des candidats a gagner l´amour de la République Centrafricaine. Et comme dans tout joute honorable, chaque un a son parrain. Et maintenant on a beaucoup des options, pas comme dans le référendum, selon la nouvelle Centrafrique,


On commence:

- Le candidat de la communauté international  (et Mali et Niger): Martin Ziguélé


Martin Ziguélé, expert en assurances, bénéficie des réseaux de l’Internationale socialiste, qui lui ouvre les portes du Parti socialiste français, de l’Elysée, mais aussi des palais présidentiels d’Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, d’Alpha Condé en Guinée et de Mahamadou Issoufou au Niger.

Pour ça, beaucoup des centrafricaines pensent que qui que ce soit qu´ils votèrent, la communauté international va faire le nécessaire pour que son candidat soie choisis. Mèmme si -comme on disait dans le dernier post- ils le jettent des pierres même dans son village, parce que après ses déclarations de qu’il ferait un pacte avec le diable pour renverser l'ancien président, est associé avec le groupe armé Séléka de majorité musulmane.

- Le "heritier" de Patassé: Anicet Georges-Dologuélé


Président de la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale, il a eu à gérer -selon Le monde- plusieurs affaires de malversations et de corruption impliquant l’institution. Jamais condamné, il s’est toujours dit étranger à ces montages. 

Il a créé son parti, l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), dérivé du MPLC et -encore suivant Le monde- cette économiste de formation a axé sa campagne sur la nécessité de rétablir la sécurité et la justice pour pouvoir mettre en œuvre un programme économique ambitieux, attirer les investisseurs et créer de l’emploi.

- Le candidat du Chad et fils de l´expresident: Bilal Désiré Nzanga-Kolingba


Appart de sa manque de charisme et d´être mêlé dans une affaire de détournement de 20 millions de francs CFA déboursés en 2010 par le Trésor pour une couverture médiatique du cinquantenaire de l’indépendance, ce chrétien converti à l’islam, parais avoir l´appui des ex-Séleka et du chef d’Etat tchadien, Idriss Déby. Appui curieux pour un ancien ministre de Bozizé.

En plus, comme économiste il a travaillé pour le Banque Mondial. Qui connais quelles autres surpris peut il nous donner.

- Le candidat du Congo-Brazzaville: Karim Meckassoua


Ingénieur ergonome de formation lie au secteur minier et musulman, il est né à Bangui dans une famille de Haoussa au Nigeria. Théoriquement indépendant mais accusé de participer dans le coup contre Patassé et cinq fois ministre avec Bozizé.

Selon Mayte, il pourrais gérer rigoureusement les différentes donations et autres financiarisations de la Communauté internationale soumise à une kyrielle de mesures drastiques.

Mais, appart de la sélection de Le monde, il y a beaucoup des autres, par exemple:

- Pour ces qui voulaient voter à Bozizé, ils peuvent voter aussi à son ex premier ministre: Faustin Archange Touadéra


Ancien recteur de la université de Bangui, il peut être voté pour ceux qui voulaient voter à Bozizé avant d´être exclu du processus électoral, comme j´ai pu vérifier ici à Batangafo. Il représente le meme parti La Convergence nationale - Kwa Na Kwa « le travail rien que le travail », un parti que se présente comme social-démocrate.

- Aussi une candidate, la seul femme: Régina Konzi-Mongot 


Comme elle dit dans son entretien pour Courrrier des afriques, « Tout est urgent en République Centrafricaine ». Ministre-Conseiller en charge des Urgences Humanitaires. Et ces urgences -pour elle- "sont notamment des Centrafricains qui errent dans la brousse, des Centrafricains qui vivent difficilement dans les différents sites de déplacés du pays, des Centrafricains refugiés dans différents pays et qui vont devoir rentrer un jour, des enfants centrafricains qui ne vont plus à l’école depuis des années, 8 hôpitaux du pays qui sont des hôpitaux du jour sans personnel soignant et sans médicament". 

Cette professeur d´anglais ne propose rien de concret dans l´entretien, mais au moins parais qu´elle connais les problèmes. Un bon commencement. 

- Et pour finir avec quel q´un, le respecté ancien maire de Bangui: Emmanuel Olivier Gabirault

Dans son page web, ce diplômé en relations internationaux mais aussi en construction, explique -trop dense et logement- ses "douze solutions fondamentales pour reconstruire la République Centrafricaine". 

L´une que me surprends plus et que "dans le cadre de la politique de lutte contre le chômage de jeunes diplômés, ceux qui ne désirent pas faire carrière dans la fonction publique ou qui n’ont pas satisfait au test de sélection pour y entrer, auront la possibilité de s’orienter vers la création de petites et moyennes entreprises, petites et moyennes industries, avec l’aide de l’Etat et de la communauté internationale." On verrais. 

Je m´arrête ici. Pour ceux qui ne pensent pas que Zigelé va a être élu quoi que se soit, voilà sept des trente candidats au cœur de la belle Centrafrique dans cette fête de la démocratie logement désiré (Patassé a été le seul président élu d´une faison qu´on peut appeler démocratique).

On espère que la musique des balles ne soie plus forte que le chant de liberté et paix de ces centrafricaines qui -comme on disait dans le dernier post- veulent seulement cultiver ses champs et renvoyer ces enfants à l´école.

I Yéké Oko, on est ensemble Centrafrique, bon courage!


Wednesday, 16 December 2015

ZO KWE ZO, Un homme est un homme

Le 13 Décembre, 2015, la nouvelle constitution de la République centrafricaine a été votée.

Nous avons entendu des coups de feu dans Batangafo, beaucoup moins que dans Bangui où dans le quartier musulman, PK5, en plus d’avoir les urnes qui disparaissent, ils ont lancés jusqu’à des grenades. Il y a déjà deux morts et vingt et plus blessés.

ZO KWE ZO. Un homme est un homme, Boganda, le père de la patrie a dit. Le même qui a écrit et chanté son hymne avec la voix vigoureuse. ZO KWE ZO, chaque vie humaine est précieuse, nous avons envie de chuchoter à l'oreille poussiéreuse et pleine de sueur de l'être humain qui est au point de lancer une grenade contre d'autres êtres humains.

Mais dans ce contexte, lorsque quelqu'un répond qu'il ira voter pour retourner aux champs au bout de deux ans et faire que les écoles rouvrissent, vous comprenez que chaque personne est précieuse. Il y a toujours de l'espoir.


Mais que dit-elle la nouvelle constitution?

Selon le commentaire de Sandra Martin-Blanc, "on devrait être fou pour la soutenir." Pour quoi? Selon elle, en plus de donner trop de pouvoir au parlement ce qui pourrait conduire à la paralysie intitutionale, cela génère dans un pays de ressources limitées, un Sénat et des conseillers apparemment inutiles. Un exemple serait le Conseil économique et social a proposé dans l'article 112. D'autres seraient le Haut Conseil de la communication (article 115) ou la Commission nationale de médiation (article 116). Il semble plus utile en théorie, le tribunal pénal spécial. Je commente quelques curiosités.

L’article 18 pour mentionner quelque chose, déclare qu'il est un État laïque, même si dans l’article 26, le président doit prêter serment devant Dieu. Petits détails. Le plus attendu peut-être le 24, lequel limité à deux mandats de cinq ans les aspirations d'un président. Bien sûr, il y a qu’à se référer à Rwanda pour vous rappeler que vous pouvez toujours changer la constitution à la dernière minute.

Comme vous vous pouvez l'imaginer, il y a des articles clairement coyunturels et politiques comme le 107 en affirmant que le président est responsable des actes commis au cours de son mandat, dans le cas de haute trahison. Pour le reste, il semblerait qu’ils profitent de l’immunité.

Mais je pense que le plus controversé est le 24 qui exclut comme candidats tous ceux qui ne n’ont pas vécu l'année précédènte à la République centrafricaine ou qui n’ont pas une propriété privé dans le pays. Et précisément en raison de l'exclusion de certains candidats nous écoutons à nouveau de la musique de guerre à Bangui et même ici à Batangafo.

De retour du papier à la réalité, aujourd'hui des groupes Antibalaka principalement de croyance chrétienne ont tiré à Bangui et des groupes Séléka en grande majorité de croyance musulmane ont tiré ici, à Ndele, Kaga Bandoro et Birao (comme par exemple la faction du FPRC dirigé par Nourredine Adam). Certains parce qu'ils ont pas accepté leurs candidats et d'autres encore parce qu'ils disent que les conditions pour des élections ne sont pas remplies, par exemple le retour de tous les exilés.


Je viens de voir à nouveau la personne qui m'a dit qu'il allait voter pour pouvoir cultiver à nouveau les champs. Je lui ai demandé et il m'a dit que, après d’entendre les tirs, prendre le risque d’aller voter oui ou non à une constitution qu’ils ne savent pas ce qu'elle dit, ne vaut pas la peine. Il votera, mais aux élections. Comme Brassens chantait, «mourir pour des idées est bien, mais de mort lente."

D'autres vont voter oui et non pour qu’il soit nul et ainsi se plaindre qu’ici, à Batangafo où aucune télévision ou radio fonctionne depuis des mois, personne leur a expliqué ce qu’ils votent. Sans parler de la crainte que si ils votent « non », il n’y aura des élections, ni paix, quand en principe il serait parfaitement possible d'organiser des élections et que le prochain président élabore un nouveau brouillon.

Il y a encore d'autres qui ne pensent pas à voter aux élections. Selon eux, quoi qu'il arrive aujourd'hui à la capitale, sera transformé en un oui et aux élections ils estiment que la communauté internationale fera tout ce qu'il faut pour faire vaincre leur candidat Martin Ziguélé, à qui ils jettent des pierres même dans son village, qui depuis de ses déclarations de qu’il ferait un pacte avec le diable pour renverser l'ancien président, est associé avec le groupe armé Séléka de majorité musulmane.


ZO KWE ZO, personne est plus que quiconque. Ainsi commencait l'ancienne constitution et ainsi commence ce qui semble être la nouvelle.

Voir si le père de la nation se passe aujourd'hui par Bangui pour tirer des oreilles à quelques personnes et que bientôt les gents puissent retourner sur leurs champs aimés et envoyer leurs enfants à l'école.

Bon courage Centrafrique.


Monday, 5 October 2015

Ramassant les pièces du puzzle centrafricain.

Depuis samedi passé il y a 40.000 nouveaux déplacés à Bangui, 800 prisonniers qui se sont échappés de la seule prison qui fonctionnait à la capitale, il y a des centaines de blessés y plus d'une trentaine de personnes sont mortes. Le frère d'une des victimes continue à travailler avec moi à l'hôpital. Quand j'apprendre la nouvelle, je lui dis qu'il peut rentrer chez lui. Il me remercie avec un air résigné, digne et triste. Mais il reste à son poste.

Aujourd'hui le nombre de twits à  propos de #CARcrisis s'est réduit un peu et la plus part parlent d'un calme tendue. Dans la salle de la télé, les pièces d'un puzzle énorme ont trouvé sa place grâce à l'immense patience de Angela. Je viens de finir un livre intitulé "Making sense of the Central African Republic", quelque chose du genre "comprendre la République Centrafricaine". Voyons si j'ai réussis. 

Un peu d'histoire.

La première chose que j'ai appris est que depuis le dix-neuvième siècle, le pays a été très influencé par le Tchad, avec son sultanat esclavagiste qui a fait ses preuves par ici. Cela ne me surprend pas que dans l'histoire récente du Tchad, ils aient considéré qu’ils pouvaient s´entremettre et enlever des présidents a leur volonté. Demandez à Bozizé. Élevé au pouvoir par Déby, l'éternel président du Tchad, a été renversé ensuit par le milices Seleka, intégrées en partie par des mercenaires tchadiens, et remplacé par Michel Djotodia.

Déby, président du Tchad depuis 1990
Bozizé, président de la RCA de 2003 à 2013
Djotodia président de la RCA de mars 2013 à janvier 2014
La deuxième est que pour les français, ce qu'ils ont dénommé Oubangui-Chari, était né en fait comme un accident de l'histoire coloniale. Je m´explique. Les français voulaient contrôler l'Afrique depuis le Sénégal jusqu'à Djibouti, d'Ouest en Est, pour freiner les ambitions des anglais de contrôler l'Afrique du "Cape au Caire".

Pour ne pas trop tendre l'histoire : les français, après être arrivés jusqu'à Fashoda avec une expédition aventureuse, composée par de milliers de porteurs, mais que 150 solaires, quand ils se sont retrouvés avec les anglais, ils ont fait demi-tour sans que ceux-ci aient à tirer un seul coup de feux (supériorité navale britannique, les cas de Dreyfus en France...). Au moins, les anglais ont eu le détail de changer le nom de la ville pour que les français n'en souffre pas trop. Fashoda est à présent Kodok, et elle se trouve en Sud Soudan.  

Mais retournons en RCA. Le fait est que les français s'étaient déployés dans cette région,  et elle est devenue le ´cul de sac´ de son axe rêvé ouest-est. Et on dirait que ça continue à l'être :-(

Avec ces débuts et l'exemple de la voisine Congo belge ne surprend pas la manque de discrétion de la France pour laisser le pays dans les mains d'entreprises sans scrupules en échange de 15% des bénéficies obtenus. Et cela surprend encore moins l'exploitation sauvage des ressources tel que le bois, les nommés diamants de sang ou d'autres ressources et réserves naturels que chaque groupe (furtives et groupes armés anti-furtives où se sont formés quelques des rebelles du pays tel que le chef Seleka Joseph Zibdeko) a réalisé en absence d'une autorité central forte.

Cela semble facile; un classique. Cependant, pour mieux comprendre où placer les autres pièces du puzzle centrafricain, nous devons bien savoir où placer la République Démocratique du Congo. Avant que toute l'attention se porte vers le Nord,  au Tchad de l'autre côté du fleuve Chari, le voisin naturel se trouvait au Sud, de l'autre côté du fleuve Oubangui qui baigne la capital. Il ne fessait aucun doute quand Mobutu, l'ex-dictateur du Congo disait que Bokassa (empereur auto-proclamé de la RCA) était son frère mais que Kolingba (de sa même ethnie, Yakoma) était son fils.

Mobutuprésident du Zaïre de 1965 à 1997
"Empereur" Bokassaprésident de la RCA de 1966 à 1976
Kolingba, président de la RCA de 1981 à 2003
(Ils disent que Mantion, "proconsul" français étais le vrai chef)
La "famille congolaise" se casse quand Patassé, le seul président centrafricain qui a été élu démocratiquement, s'est associé avec Bemba, le dirigeant du MLC et en opposition au président Kabila. Cela est aussi vrais que Patassé, le plus charismatique et selon les mauvaises langues, quelqu'un qui aimait bien les fêtes, risquait aussi bien avec les amitiés qui fréquentait, tels que Gadaffi pour freiner l'influence du tchadien Déby. Mais le jeux n'est bien tourné et Déby a finalement aidé Bozizé à obtenir la présidence.

Patassé, le seul président démocratiquement élu de la RCA. Il a gouverné de 1993 à 2003
Au pillage de la France, qui n'a jamais disparu, les pressions du Congo en premier et du Tchad après, l'effet d'autres conflits voisins tels que celui de Dafur et la présence de groupes armées comme la Lord Resistance Army de l´ougandais Joseph Kony, aux conflits des agriculteurs locaux avec les nomades peuls, il faut rajouter une pièce qui paraît ne pas avoir une place dans ce puzzle: presque une douzaine de "missions de paix" internationales qui ont pris place par ici depuis les années quatre-vingt-dix jusqu'à la MINUSCA actuelle (avec la Sangaris française toujours présente).

Comment c´est possible que telle quantité des institutions, pendant autant de temps ont fait tellement peu?

Dans le livre de Tatiana Carayannis et Louisa Lombard, elles parlent de "l'accordéon de l'aide" qui arrive de façon abondante quand la situation est déjà désastreuse, mais qui disparaît avant même que les problèmes de fond commencent à se régler: sécurité, un développement économique qui arrive à la population, des institutions pas corrompues et stables... Les 400 millions d'aide humanitaire d'émergence qui ont été utilisé en 2014 sont trois ou quatre fois de plus que l'aide destinée au développement. En lieu, nous avons le circuit vicieux d'acteurs internationaux qui veulent partir le plus tôt possible et quelques élites locales qui ne veulent pas renoncer à leur privilèges dans un pays plus grand que la France, mais avec une population d'environ 4 millions de personnes qui vivent dans la pauvreté la plus absolue et avec une espérance de vie de seulement 47 ans. 

Peut-être l'exemple le plus claire se soit les 27 millions de dollars du fond  pour le programme de Désarmement Démobilisation et Réintégration que, comme ces derniers jours ont démontré, n'a pas vraiment servis à désarmer mais plutôt au contraire. La lenteur du processus du côté des élites pour continuer a recevoir de l'argent en plus de la résignation des donneurs a permis a beaucoup d'individus de joindre les groupes armées avec la promesse de l´argent à recevoir dans le future de les programmes du DDR.

Avec toutes ces pièces du puzzle, on commence à mieux comprendre la violence déclenché à la fin du 2012 et pendant le 2013 pour l'alliance des groupes Seleka du Nord oublié de le RCA, de majorité musulmane  (quelques ex-policiers antifurtives y d'autres mercenaires tchadiens) qui ont renversé le président corrompu Bozizé et sa famille installée au pouvoir. Notamment, la réaction Anti-Balaka, de majorité chrétienne qui répondra avec encore plus de brutalité et qui a fait renversé en une année le pouvoir du président Djotodia.

Ils manquent cependant les même pièces de toujours pour que le puzzle centrafricain ne saute pas en l'air chaque fois que les uns ou les autres donnent un coup de poing sur la table régionale. Est-ce que la communauté internationale et la MINUSCA des erreurs passées? Quelle influence aurait-il dans le processus la possibilité de vendre les diamants de sang? Est-ce que la présidente de transition, Catherine Samba-Panza trouvera-t-elle les pièces de paix, stabilité et fiabilité institutionnel dont le pays à besoin avant que des élections plus au moins démocratiques soient organisées?  

Cela paraît assez peu probable quand elle même à été impliquée dans un cas de corruption sur la concession des droits d'exploitation des diamants à la fille du président angolais Dos Santos, après que Angola avait donné 10 millions d'aide au développement et 5 millions encore qui sont disparus dans le parcours. Ou chaque fois qu'un médiateur comme le président du Congo Brazaville, Sassou Nguesso, regarde plus pour l'appui de la France pour son troisième mandat que pour la résolution des problèmes de la population. 

Catherine Samba-Panza, présidente de transition de la RCA depuis 2014

Mais tous les jours, quand je parcours la même route de terre que devient un fleuve chaque fois qu'il y a un orage, et que cependant tous les jours c'est à nouveau une promenade où enfants et adultes de sourires et espoir infatigables te saluent par ton prénom, je comprends qu'il y a encore des pièces de ce puzzle qui ne sont encore pas dans le livre que je viens de finir. Je croix que je commence à apercevoir un petit bout de ce merveilleux puzzle. 




 Et chaque fois que je regarde mon collègue qui continue à prendre soin des malades malgré que son frère vienne d'être tué dans les incidents de la semaine dernière, j'ai aucun doute que quand nous tous serons capables d'apporter notre contribution pour que toutes les pièces du puzzle trouvent sa place, les centrafricains pourront finalement profiter de son paradis entre le fleuve Oubangui et Chari.



[Entré traduit au français par mon amie Isabel. Merci beaucoup Isabel !!!]